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Critiques rédigées par Isabelle F.

 

La fée (Dominique Abel)

note: 4Fantaisie burlesque à déguster sans retenue Isabelle F. - 19 mars 2019

Dominique Abel et Fiona Gordon, le duo franco-belge de clowns lunaires et déjantés de "Rumba", trimballent cette fois leurs grands corps élastiques dans le décor étrange de la zone portuaire du Havre. Entre amusement et nostalgie, on assiste tantôt à un étrange ballet amoureux dans les fonds sous-marins où les méduses sont des sacs en plastique, tantôt aux facéties de la fée Fiona qui chaparde ses vêtements sur les mannequins derrière les vitrines des boutiques de mode pendant que Dom, à la recherche de son amoureuse, discute avec un homme qui vole. On croise aussi trois migrants de passage qui attendent le moment opportun de se faufiler dans le ferry … jusqu’à ces instants de grâce dans le bar « L’amour flou », où la chanteuse Anaïs Lemarchand, pour consoler le bébé de Dom et Fiona interprète la chanson de Kurt Weill Youkali au milieu des joueuses de l'équipe locale de rugby.
Une fantaisie burlesque au décor kitchissime, avec des personnages tendres et maladroits qui nous rappellent irrésistiblement les univers de Jacques Tati et de Buster Keaton.

Désorientale (Djavadi Négar)

note: 5Où chacun désapprend ce qu'il pensait savoir ... Isabelle F. - 5 mars 2019

Kimiâ, la jeune narratrice (ressemble-t-elle à l'auteure ?), nous livre un récit passionnant qui plonge dans un Iran inattendu, depuis la fin du XIXème siècle dans la maison de son arrière-grand-père Montazemolmolk, à l'engagement politique de ses parents, intellectuels et farouches opposants aux régimes du Shah puis des Ayatollah. Contraints à l'exil avec leurs trois fillettes, ils s'installent à Paris, ville magnifiée et tant de fois rêvée ... qui ne ressemble pas du tout à ce qu'ils attendaient. Kimiâ, en quête de son identité, encombrée d'un corps qui lui échappe, se jette dans une post-adolescence violemment tourmentée sur fond de Rock-punk, de squats sordides et de rencontres qui l'aideront à devenir cette "autre", faite de blessures et de révoltes.

Jusqu'à la garde (Xavier Legrand)

note: 4Un thriller familial intense et saisissant Isabelle F. - 22 février 2019

Une banale histoire de divorce qui démarre comme un clin d’œil à Bertrand Blier et ses vrais/faux documentaires. Dans le bureau de la juge, le père demande la garde partagée de Julien, 11 ans. La mère ne veut pas. Denis Ménochet incarne un colosse anéanti et tortueux, Léa Drucker une mère silencieuse et pétrifiée. La violence est là qui bruisse dans une réalité anxiogène, peu à peu asphyxiante jusqu'au final en huis clos, à la fois austère et terrifiant. Une écriture précise, une caméra généreuse qui font un film dense, sans esbroufe et terriblement prenant.

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